Le troisième roman de Fabrice Humbert, L'origine de la violence, est un récit fort et parfaitement accompli. Lors d'un voyage scolaire au camp de Buchenwald, le narrateur, un jeune professeur d'allemand séducteur et bourgeois, tombe sur la photographie d'un homme ressemblant étrangement à son père. Il comprendra vite au fil de son enquête qu'il s'agit de son véritable grand-père, que sa famille vit dans le mensonge et le secret depuis près de 50 ans.
Le roman est réellement habile, maîtrisé. On passe de la vie de cet ancêtre, notamment ses derniers jours au camp de concentration, à la vie du narrateur qui tente de comprendre le pourquoi et le comment de ce drame, jusqu'au final avec les récits de son "faux" grand-père puis de son père, qui lui permettront de relier tous les fils de cette sombre histoire de famille, perdue dans la grande Histoire.
J'ai commencé ce roman avec quelques préjugés, ayant beaucoup lu sur le sujet, je me suis dit : "ah encore un roman qui parle du nazisme, des secrets de famille, bon...", j'avais peur d'être déçu surtout qu'après Les disparus de Mendelsohn (Flammarion ou J'ai lu), j'imaginais mal qu'on puisse encore écrire quelque chose de pertinent sur la question (sans compter tous les grands livres de ce qu'on appelle "La littérature concentrationnaire"). Eh bien j'avais tort, ce roman est remarquable, fort, jamais malsain ni difficile malgré le thème, superbement écrit. Je sais qu'il a eu bonne presse depuis le mois de Janvier, mais c'est franchement mérité, j'espère que le succès va durer, il le mérite. J'insiste sur le fait qu'il ne s'agit pas seulement d'un roman sur le nazisme, mais aussi d'un grand livre sur le poids des secrets dans une famille. C'est ce qui le rend si accrocheur et pertinent.

L'origine de la violence, Fabrice Humbert, édtions Le Passage 18 €
Trackbacks
Pour faire un trackback sur ce billet : http://zelig.zeblog.com/trackback.php?e_id=399097
Commentaires
Ajouter un commentaire